Jour 31 : rubans roses, temple aux papys et camphrier millénaire

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Le lendemain, nous nous dirigeons vers la gare pour prendre le train en direction de Takeo. Mais à peine sommes-nous arrivées sur le quai qu’un monsieur débarque en appelant le nom de Raphaële. Il nous a fallu un petit moment pour réaliser que ce devait être quelqu’un de la pension où nous logions et non un autochtone lambda ayant prononcé un nom de gaijin quelconque qui se trouvait être celui de ma comparse, puis un moment également pour saisir l’intention du monsieur qui tentait de nous suggérer un repas fort luxueux que nous pouvions réserver pour le soir-même. Nous répondons poliment que nous allons y réfléchir (tout en jugeant d’un coup œil que ce repas n’est clairement pas dans notre budget) tandis que le monsieur nous donne son numéro de portable, de fixe, de fax et de sécurité sociale.

Nous montons dans le train en direction donc de Takeo onsen, qui comme son nom l’indique, est une ville de onsen, cependant ce n’est pas l’eau chaude qui guide nos pas mais l’envie justement de faire plus de pas : Takeo comprend en effet un GR, ou plutôt un « olle » comme ils les appellent dans la région, ces chemins de randonnées inspirés des GR coréens. Nous partons donc à la recherche du départ de ce GR, que nous peinons à trouver car caché derrière un gymnase. Pour la suite, c’est plutôt simple, il suffit de suivre les rubans roses, notre couleur préférée (#sarcasme). Le chemin traverse une forêt, souvent composée de bambous, et parfois avec des points de vue sur la ville assez sympa. Nous découvrons d’après un blog que le sentier passe près d’un temple où il est possible de déguster un thé avec des moines. Et ça n’y manque pas : nous tombons sur trois papys, un moine et ses amis, en train de discuter à l’entrée d’un temple et qui nous offrent thé et bonbons. L’un d’eux nous vante les mérites de sa mini-caméra dernier cri lui permettant de prendre en toute discrétion des clichés des jolies gaijin qui passeraient dans le coin. Nous repartons enrichies de trois bonbons et d’une vingtaine de piqûres de moustiques.

Quittant la forêt, nous arrivons dans un petit quartier résidentiel où nous entreprenons de nous écarter du circuit afin de nous procurer de quoi nous sustenter. Nous tombons ensuite sur un lac autour duquel se déroule un petit marathon de locaux ; fuyant la foule, nous partons trouver un petit coin de verdure pour y déguster notre butin. Nous reprenons ensuite notre ascension après avoir admiré de très très gros têtards et arrivons sur un point de vue plutôt sympa. Et comme cet article s’éternise, je fais une ellipse temporelle et j’en arrive à la fin de cette randonnée où nous débouchons sur un temple d’une couleur assez inusuelle. Nous suivons un chemin passant derrière celui-ci, chemin nous menant tout droit dans un décor de conte féérique : une forêt de bambou où s’immisce un rayon de soleil tombant sur un camphrier creux gigantesque dont l’âge atteindrait les 3000 ans. Un spectacle d’une beauté enchanteresse que nous avons tenté de capturer armée de nos objectifs pour vous le restituer ci-bas !

Manon

PS : On a finalement eu notre repas de luxe, et gratuitement, qui nous attentait à l’hôtel et s’est offert à nous pour nos beaux yeux (peut-être que c’était l’univers s’excusant de nous avoir envoyé un être nous ayant traitées d’hommes). Et c’était BIEN BON.

1 Comment

  1. Je ne lis pas souvent tes récits par manque de temps mais j’adore ta plume. Tu me fais rire à chaque fois l’ellipse temporelle, fallait y penser Ha Ha Ha ! :)
    En bref, j’espère que la prophétie ne se confirmera pas trop vite pour 2018; j’ai encore envie de lire tes aventures.

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