Jour 23 : Musashi, Kojirô et nous

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Nous sommes le 6 mai 2016 (comment ça on est déjà en Août ?), le temps est pourri et le programme de la journée est d’aller sur une petite île, Ganryûjima, entre Honshû et Kyûshû, où a eu lieu un duel légendaire entre Miyamoto Musashi et Sasaki Kojirô, deux fines lames qui avaient sacrément la classe. Voici donc la petite histoire :

Il était une fois, il y a fort fort longtemps… en fait non pas tant que ça… il y a 4 siècles et des poussières, en 1612 (je vous laisse calculer les poussières). Nous sommes donc au début de l’époque d’Edo (1603-1868), deux hommes célèbres pour leur maitrise des sabres, et rivaux depuis un petit bout de temps, conviennent d’un duel sur cette fameuse île Ganryûjima (appelée à cette époque Funajima, « l’île bateau », à cause de sa forme). Musashi est connu pour avoir mis au point une technique de combat à deux sabres et pour être l’un des plus grands escrimeurs de tous les temps au Japon. Kojirô était, quant à lui, un personnage plus mystérieux qui magnait un sabre d’environ un mètre. La légende, enfin le panneau explicatif sur l’île, nous dit donc que le 13 avril 1612 (oui c’est très précis) Musashi arrive quand le soleil est à son zénith, donc en retard au rendez-vous originellement prévu à 8 heures du matin (encore plus précis), Kojirô, en colère (il y a de quoi, le pauvre a dû poireauter plus de 4 heures) lance au retardataire : « Musashi ! Tu es en retard ! Aurais-tu peur !? » A quoi ce dernier a répondu : « Tu as perdu, Kojirô ! » tout en s’élançant sur lui armé d’un bokutô (sabre en bois), son arme de prédilection, qu’il avait taillé dans la rame de son embarcation et terrassa son adversaire.

La morale de cette histoire est donc qu’il vaut mieux arriver en retard (non ? ça marche pas ? mince…)

Nous avons donc fait le tour de cette île, sous la pluie, et pris plein de photos de la statue du combat des deux messieurs, dont une qui restera dans l’histoire (et que vous pourrez admirer dans le supplément). Nous avons aussi, en nous rendant à Shimonoseki et en particulier sur cette île, marché, pour la première fois du voyage, dans les pas d’un grand monsieur du nom de Sakamoto Ryôma, et de sa femme, Oryô, qui étaient venus y faire des feux d’artifices au printemps 1867 (trop proche, pas de date précise). Mais nous aurons d’autres occasions de vous parler plus amplement de lui car nous le recroiserons, oh oui, nous le recroiserons !

De retour à la terre ferme nous cherchons de quoi nous sustenter et, après pas mal de marche à pied, nous finissons dans un Sukiya, une chaîne de restauration rapide spécialisé dans le gyûdon (tranches de bœuf sur bol de riz). Ensuite direction la Kaikyôyume tower, la tour du coin, pour admirer un paysage tristement gris. Fatiguées nous décidons de retourner tranquillement à notre auberge de jeunesse mais la pluie a repris avec un allié de poids, le vent. Armées de nos parapluies et de nos imperméables nous traversons la tempête. Mon parapluie, qui avait tenu le coup jusqu’à maintenant (vous savez c’est celui dont j’avais hérité suite à un échange fortuit), rend l’âme d’un coup sec sans oublier de m’empaler la main lors de mes vaines tentatives de sauvetages et celui de Manon pousse aussi son dernier souffle. Nous les abandonnerons à l’entrée de notre hébergement.

Maintenant place aux images du duel !

Raphaële

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