Jour 17 : vrai café, hippies et pitifien.

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Réveil à Yunotsu, nous prenons l’un des meilleurs petits déjeuners que nous avons jamais eu : des sandwichs à tomber par terre et DU VRAI CAFÉ. Nous profitons de ce délicieux breuvage pour sortir nos ordinateurs et travailler un moment (traduction pour moi et réservations d’hôtel pour Rapha que je ne remercierai jamais assez pour cette organisation du tonnerre !). Puis nous partons en direction de la seule supérette du coin, achetons les seuls bentos disponibles et déjeunons sur une plage dans une petite crique. Après manger, nous retournons d’abord vers l’onsen de la veille pour prendre des photos de jour. Nous montons un escalier derrière le temple où nous avons vu le spectacle de la veille, car nous sommes atteintes de la maladie du « je monte tous les escaliers que je croise ».

Et c’est reparti pour la marche à pied ! On longe un moment la côte, grimpe à travers une forêt avant de redescendre vers une plage. Le vent profite aux surfeurs du coin mais nous dissuade de mettre les pieds dans l’eau. Nous continuons sur 8km avant d’arriver à Kuromatsu où nous prenons un goûter sur la plage en attendant notre train. À la petite gare de campagne, le train arrive et nous apercevons par la fenêtre le suisso-japonais que nous avons rencontré à Izumo ! Il nous retrouve dans la rame et nous nous rendons compte qu’on se dirige vers la même auberge.

Arrivés à la gare de Mihomisumi, le proprio de l’auberge Pasar moon vient nous chercher en camionnette. Le proprio : Aki-san, un baba-cool d’une soixantaine d’années aux cheveux grisonnants et vêtu d’un sarouel. Il est accompagné d’une jeune fille, Riko. Après avoir roulé un moment, nous arrivons dans un lieu hors du commun, hors du temps, hors de tout.

L’auberge ressemble plutôt à un camp de hippies vivant la plupart du temps en extérieur dans la verdure sur la côte. Une cour entourée de plusieurs bâtisses en bois avec en son centre une estrade (pour les concerts). On nous montre notre « chambre », une sorte de grand hangar aménagé avec tatamis et futons où nous dormirons avec les autres, équipé de toilettes sèches (mais on nous conseille plutôt d’utiliser les toilettes publiques de la plage à 2min de marche). Un autre bâtiment contient salle de bain à l’ancienne et bibliothèque avec plusieurs tables basses, et un autre encore, la cuisine et le salon, composé d’une estrade avec canapés et poêle.

On comprend rapidement que notre routine de voyage sera ici entre parenthèses : fini les soirées toutes les deux à manger nos bentos trouvés dans le conbini le plus proche, nous allons vivre le temps de deux jours en communauté. La jeune Riko est ici avec sa mère, Mako, une amie des propriétaires, Aki et Natsu (littéralement Automne et Été). On fait également la connaissance de trois lycéens en vacances pendant la Golden week (série de jours fériés au Japon constituant la semaine de congés la plus importante), et du chien de la maison, Ru (on apprendra plus tard que son nom vient du français « Loup »). Nous nous retrouvons naturellement inclues pour le repas du soir qui se déroule dans une ambiance baba-cool. Les plats passent de main en main, tout le monde discute gaiement, les lycéens grattent la guitare et poussent la chansonnette. On apprend que les trois jeunes eux-mêmes ont un mode de vie bien particulier : pensionnaires dans une école catholique, leur emploi du temps comprend beaucoup de tâches ménagères, on verra même l’un d’eux faire sa lessive à la main (c’est pas tout ado français de 17 ans qui ferait ça !).

C’est après ce joyeux repas que nous nous glissons dans nos futons, sous notre grande moustiquaire, et nous nous endormons avec le bruit du vent, de la mer, des grillons et des lycéens faisant les fous sous leur tente.

Manon

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