Jour 15 : décès de parapluie, grosse corde et ragoût de sanglier

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Pour des raisons de souvenirs floutés par un mal de crâne, Rapha m’a finalement laissé la main pour cet article.

La pluie continuant de tomber ce matin-là, nous partons sous nos parapluies vers la gare d’Izumo afin de prendre un petit déjeuner. Rapha se retrouve avec un autre parapluie que celui acheté la veille, car la loi du Japon implique qu’un parapluie de conbini est une chose impersonnelle et peut être empruntée ou échangée à l’entrée des endroits publics. Chance pour elle, il s’avère plus solide que le précédent : le mien décède sous un coup de vent à peine arrivées à la gare.
Nous prenons le train en direction d’Izumo taisha, un des sanctuaires shinto les plus vieux et importants du Japon, dédié à la divinité Ôkuninushi-no-mikoto. Ce sanctuaire est surtout connu pour son shimenawa (corde de paille de riz tressée marquant les lieux sacrés et que l’on retrouve souvent à l’entrée des temples ou autour d’arbres prétendus habités par une divinité), qui est sacrément gros, et qu’on avait hâte de voir depuis qu’on l’a vu en photos en cours d’histoire en 1ère année de fac. Mais arrivées devant le sanctuaire, déception : il n’est pas si gros qu’il en avait l’air sur les photos… On fait le tour des bâtiments sous la pluie, puis nous allons nous réfugier dans le musée de la ville. Là, nous tombons sur un guide bénévole qui nous propose gentiment de nous faire la visite guidée et nous raconte plein de belles choses. Il nous apprend notamment qu’autrefois à Izumo taisha se trouvait un bâtiment de 40m de haut (un peu plus près des étoi… dieux) avec un escalier d’une grandeur impressionnante (ou du moins il en a l’air sur les maquettes), mais qui n’a pas été reconstruit après sa chute pour cause de sécurité.  Il nous remémore aussi nos cours d’histoires : les fouilles archéologiques révélant le cœur historique du Japon dans le Kansai, les dôtaku – cloche en bronze, les miroirs de bronze, l’influence des cultures chinoises et coréennes, les magatama – ornements en forme de virgule supposés représenter un fœtus…
La visite s’achève avec nos ventres criant famine, et nous partons nous sustenter à l’abri de la pluie. Dans le restaurant, nous tombons sur des photos du fameux shimenawa, qui a l’air quand même vachement plus impressionnant que celui qu’on a vu. Nous trouvons donc une carte et comprenons alors que nous avons loupé un bâtiment. On repart, trouve le vraiment GROS shimenawa, on l’immortalise puis repartons nous mettre à l’abri dans un Starbucks en attendant notre train.

Le soir, nous mangeons un festin préparé par les gens de la guest house dont un ragoût de viande de sanglier absolument délicieux. Nous faisons la rencontre d’un jeune suisso-japonais, et d’un japonais d’une soixantaine d’années qui nous raconte avec passion de nombreuses légendes japonaises. Je l’écoute avec grand intérêt pendant que Rapha comate à cause d’un mal de crâne. Il m’indique plusieurs livres intéressants sur les légendes shinto et sur… des cailloux. Car en effet, les japonais d’autrefois voyant des signes de présence divine dans la nature, ils étaient fascinés par les gros rochers, les assimilant parfois à certains dieux selon leur forme ou leur situation. Et en tombant sur ce livre, ce monsieur a donc décidé d’aller voir les gros cailloux du coin ! Depuis on pense à lui à chaque fois qu’on croise un gros rocher.

Place aux photos !

Manon

2 Comment

  1. Laenaïc says: Répondre

    Belle initiative que ce bloc. Continuez de nous faire rêver les filles, je suis sûr que des dizaines de personnes se délectent d’une cruelle jalousie devant vos aventures. Et à propos de cailloux, si vous retournez à Kyôto, le plus remarquable (oserai-je dire « intéressant »?) est celui situé à la sortie du shimogamo jinja. C’est le rocher auquel se réfère l’hymne national japonais !

    1. Merci Laenaïc pour cette information ! J’ai dû passer devant il y a quelques années mais je ne connaissais pas cette anecdote, on ne manquera pas d’aller le revoir !

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